Comment aimer Allah ?
«Mon Dieu! Je Te demande donc (de nous indiquer) les sentiers qui conduisent à Toi, de nous faire emprunter le plus court chemin qui mène vers Toi; écourte pour nous la distance, facilite pour nous l'ardu et le difficile, fais-nous rejoindre ceux de Tes serviteurs qui accourent promptement vers Toi, qui frappent continuellement à Ta Porte, qui accomplissent jours et nuits Ton culte, en tremblant devant Ta Majesté, ceux pour qui Tu as purifié les sources, comblé les désirs, satisfait les demandes, assouvi, par Ta Grâce, les besoins, ceux dont Tu as rempli les coeurs de Ton amour, ceux que Tu as désaltérés de Ta boisson pure, et qui grâce à Toi ont accédé au plaisir de Tes munâjat (entretiens intimes), et de Toi ont obtenu l'accession au sommet de leur buts recherchés.
Ô Toi qui viens à la rencontre de ceux qui se dirigent vers Toi, et qui reviens sans cesse vers eux pour leur prodiguer Tes faveurs; Ô Toi qui Te montres Clément et Compatissant envers ceux qui négligent de T'invoquer, et qui les attires vers Ta porte avec affection et amabilité! Je Te demande de me réserver le plus grand lot des faveurs que Tu leur accordes, la plus haute position auprès de Toi que Tu leur destines, la plus grande part de Ton amour (que Tu leur montres), et la plus grande partie de Ta connaissance (que tu leur autorises).
Car c'est sur Toi seul que s'est concentrée ma pensée, c'est vers Toi seul que s'est dirigé mon désir, c'est Toi seul, et personne d'autre, que je veux et c'est pour Toi seul à l'exclusion de tout autre que je veille et je ne dors pas. Ta rencontre est ma consolation, Ton contact vaut mon âme. C'est Toi qui me manques, Ton amour est ma passion et mon ardente affection, Ta satisfaction est tout ce que je recherche, Te voir est mon besoin, être à Ta proximité est l'objet de ma sollicitude, et être à Tes côtés est tout ce que je demande. J'éprouve le repos et l'apaisement dans mes entretiens intimes avec Toi, et en Toi je trouve le remède de mon malaise, l'apaisement de ma soif ardente et la délivrance de mon adversité. Sois donc mon compagnon dans ma solitude, Celui qui me relève lorsque je trébuche, Celui qui me pardonne lorsque je commets une faute, Celui qui accepte ma repentance, Celui qui répond à mon appel, Celui qui se charge de ma protection, et Celui qui supplée à mon indigence. Ne coupe pas mes liens avec Toi ni ne m'éloigne de Toi, ô mes délices et mon paradis, ô Toi qui représentes tout pour moi dans ma vie présente et dans ma Vie future».(48)
Cet auguste extrait d'entretien intime constitue un morceau d'anthologie dans la littérature de munâjât et de do'â'. Il brosse un portrait très expressif de l'adresse des Imams d'Ahl-ul-Bayt au Créateur et de la profondeur de leurs sentiments d'amour envers Lui. Il est, en tout cas, superflu de commenter ce munâjât riche en expressions, en images et en figures, car son éloquence se passe de commentaire. Nous nous contentons toutefois de passer en revue rapidement certaines images et idées de l'amour divin qu'il recèle.
Au début, l'Imam al-Sajjâd demande à Allah de lui tendre la main pour le conduire vers Lui-Même. Tel est en fait l'essentiel et le plus important de sa requête.
Remarquons tout d'abord que dans ce do'â', l'Imam al-Sajjâd ne sollicite aucune faveur, aucun avantage, aucun bienfait dans ce monde ni dans l'Au-delà, bien qu'une telle sollicitation soit tout à fait légitime et aimée d'Allah. Il demande seulement la proximité d'Allah et une place auprès de Lui à côté des véridiques, des martyrs et des Prophètes.
Notons ensuite qu'il dit: «Mon Dieu! Je Te demande donc (de nous indiquer) les sentiers qui conduisent à Toi» (au pluriel) et non "le sentier" (au singulier). Pourquoi? On sait que le Chemin (al-Çirât) conduisant à Sa Majesté est unique, et non multiple, puisque le saint Coran n'en mentionne qu'un partout où il est question de çirât:
«Guide-nous dans le droit Chemin, le Chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta Colère, ni des égarés».(49)
«Allah guide qui Il veut vers le droit Chemin».(50)
«Et Il les guide vers le droit Chemin».(51)
«Nous les avons choisis et guidés vers le droit Chemin».(52)
En revanche, le mot sentier (sabîl) est mentionné au pluriel de nombreuses fois, aussi bien lorsqu'il s'agit de bons sentiers que les mauvais sentiers:
«Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent son agrément».(53)
«Et ne suivez pas les sentiers qui vous écartent de Sa voie».(54)
«Et suivez les sentiers de votre Seigneur, rendus faciles pour vous».(55)
«Et qu'aurions-nous donc à ne pas placer notre confiance en Allah, alors qu'Il nous a guidés sur les sentiers».(56)
«Et quant à ceux qui luttent pour notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers. Allah est en vérité avec les bienfaisants».(57)
En effets, Allah a laissé aux gens la possibilité d'emprunter une multitude de moyens, voies ou sentiers pour parvenir à Lui. Selon une opinion admise par les uléma: les voies menant à Allah sont aussi nombreuses que les souffles des créatures.
Certes toutes ces voies courent (se trouvent) sur le Chemin droit d'Allah, mais le Créateur a permis à chaque serviteur de Le connaître et de se diriger vers Lui par un moyen différent. Ainsi, il y a des gens qui s'orientent vers Allah par la Science et l'intellect ('aql), d'autres par le coeur et le for intérieur, d'autres encore en commerçant et en traitant directement avec Lui. Ceci dit, il est indéniable que le meilleur moyen de connaître Allah est l'échange ou le "commerce" direct avec Lui. En effet Allah dit:
«Ô vous les croyants! Vous indiquerai-Je un marché qui vous sauvera d'un châtiment douloureux?»(58)
Et
«Il en est un, parmi les gens, qui s'est vendu lui-même pour plaire à Allah. Allah est bon envers Ses serviteurs».(59)
Donc lorsque l'Imam al-Sajjâd demande à Allah de l'amener vers les voies, et non une voie, qui conduisent à Lui, il cherche à s'assurer qu'il parviendra à la bonne porte, car plus les moyens qui conduisent à Allah sont nombreux, plus on a la chance d'arriver à Sa proximité et à Ses côtés.
Puis l'Imam al-Sajjâd implore le Miséricordieux de le faire se joindre à Ses serviteurs pieux qui étaient prompts et les premiers à Lui obéir, qui passaient le jour et la nuit à accomplir le culte, qui ont traversé la voie avec détermination et sincérité et qui sont tombés en martyrs, chemin faisant.
Car il sait que parvenir à cette haute position sublime auprès du Très-Haut requiert le déploiement de grands efforts et la traversée d'une longue route difficile. Aussi supplie-t-il Allah de lui raccourcir la distance et de lui aplanir les difficultés de ce long périple en le joignant aux serviteurs pieux (lui, qui est pourtant, l'Imam et le guide des serviteurs pieux) qui l'y ont précédé, sachant que la compagnie de serviteurs dévoués sur une route difficile est à même de renforcer la détermination des membres de la caravane de poursuivre ce voyage éprouvant:
«Fais-nous emprunter le plus court chemin qui mène vers Toi; écourte pour nous la distance, facilite pour nous l'ardu et le difficile, fais-nous rejoindre ceux de Tes serviteurs qui accourent promptement vers Toi, qui frappent continuellement à Ta Porte, et qui accomplissent jours et nuits Ton culte».
Les importations et les exportations du coeur
La manière dont l'Imam al-Sajjâd décrit ces serviteurs pieux auxquels il demande à Allah de le joindre mérite réflexion et méditation: «ceux pour qui Tu as purifié les sources, comblé les désirs(...), ceux dont Tu as rempli les coeurs de Ton amour, ceux que Tu as désaltérés de Ta boisson pure etc.».
Notons que cette boisson limpide et pure dont Allah les désaltère dans la vie d'ici-bas est la boisson de "l'amour", de "la certitude", de "la sincérité", du "savoir"... et le récipient qui la renferme est le coeur.
Certes, Allah a favorisé l'homme de nombreux récipients pour le savoir, la certitude et l'amour, mais le coeur est de loin le meilleur d'entre eux. Ainsi, si Allah purifie pour Son serviteur la boisson de son coeur, et le désaltère d'une boisson limpide et pure, ses actes, ses paroles et sa production seront aussi pures et limpides.
Car il y a entre les importations et les exportations du coeur une ressemblance et une correspondance certaines: si les premières sont pures, les secondes le seront aussi; c'est dire que l'action, la parole, les opinions, la morale et la production du serviteur seront purs aussi. En revanche, si ses importations sont impures, troubles et empreinte des inspirations sataniques, ses exportations seront à n'en pas douter aussi impures et ne produiront que mensonges, hypocrisie, avarice et rejet d'Allah et de Son Prophète (P).
En effet le Messager d'Allah (P) dit: «Il y a dans le coeur deux troupes: une troupe émanant du Roi, elle est l'augure du bien et l'approbation de la Vérité, et une troupe émanant de l'ennemi, elle est l'annonce du mal et le démenti de la Vérité. Quiconque constate la présence de la première, qu'il sache qu'elle provient d'Allah, et quiconque constate la présence de la seconde, qu'il invoque la protection d'Allah contre le Satan». Et le Prophète (P) de réciter ce verset coranique: «Le Diable vous fait craindre l'indigence et vous commande des actions honteuses; tandis Qu'Allah vous promet pardon et faveur venant de Lui». (Sourate al-Baqarah, 2: 268)(60)
Ne voit-on pas comment les abeilles produisent un miel doux et pur, appétissant et médicinal, lorsqu'elles se nourrissent du nectar des fleurs, alors que leur miel ne sera pas pur, lorsqu'elles se nourrissent des sources impures.
Allah dit de Ses Prophètes Ibrâhîm, Ishâq et Ya'qûb (p):
«Mentionne Abrâhâm, Isaac et Jacob, Nos serviteurs doués de force et de clairvoyance. Nous les avons purifiés tout spécialement en leur rappelant la demeure éternelle. Ils se trouvent auprès de Nous, parmi les meilleurs élus».(61)
Ce don (la force et la clairvoyance) dont Allah a favorisé ces grands Prophètes est justement le produit de cette boisson pure qu'Allah leur avait accordée: «Nous les avons purifiés tout spécialement en leur rappelant la demeure éternelle».
Car si Allah ne les avait pas purifiés tout spécialement par le rappel de la demeure éternelle, ils n'auraient eu ni force ni clairvoyance.
Moralité: pour que l'action de l'homme soit pure, il est nécessaire que sa boisson le soit aussi, car le coeur ne produit que ce qu'il reçoit.
Le fondement du libre choix
Nous avons expliqué la vérité de l'existence de corrélation et de correspondance entre les importations et les exportations du coeur. Mais cette vérité n'est pas forcément la négation du fondement du libre arbitre qui constitue la base ou le fondement de beaucoup de concepts et d'idées coraniques. En d'autres termes, cette vérité ne signifie pas que le coeur soit un récipient vide qui reçoit et produit passivement tout le bien et le mal qui y est versé. Loin de là, le coeur est un récipient conscient qui sait ce qu'il reçoit et distingue la Vérité d'avec le Faux, le Bien d'avec le Mal. On a là un autre fondement (la conscience du coeur) de la pensée islamique. Et c'est de ce fondement et de ce libre arbitre que dépendent beaucoup de questions, de fondements et conceptions islamiques.
Beaucoup de textes islamiques soulignent le rôle conscient du coeur dans la vie de l'homme et sa capacité à distinguer le Vrai du Faux.
Ainsi, on rapporte que le Prophète Dâwûd (p) s'est adressé à son Seigneur, lors d'un entretien intime, par les propos suivants: «Ô mon Dieu! Tout Roi possède un trésor. Où sont donc les Tiens?» Allah - Il est sublime - lui a répondu:
«J'ai ce qui est plus grand que le Trône, plus large que le Siège (kursî), plus doux que le Paradis, plus paré que le malakût. Son sol est le savoir, son ciel est la Foi, son soleil est le désir, sa lune est l'amour, ses étoiles sont les idées, son nuage est la Raison, sa pluie est la Miséricorde, ses arbres sont l'obéissance, ses fruits sont la sagesse. Il a quatre piliers: la confiance, la réflexion, le plaisir et le rappel, et quatre portes: la science, la sagesse, la patience, et la satisfaction. C'est le coeur».
Comme on peut le constater, le texte dans ses deux composants (la question et la réponse) emploie un langage de symboles, dont l'utilisation est courante dans les textes islamiques.
On rapporte également qu'Allah dit au Prophète Mûsâ (p):
«Ô Mûsâ! Dépouille ton coeur pour Moi, car J'ai fait de ton coeur le domaine de Mon amour, J'y ai étalé une terre de Ma connaissance, construit un soleil de Mon désir, fait briller une lune de Mon affection, mis une source de réflexion, fait tourner un vent de Ma réussite, fait tomber une pluie de Ma faveur, planté une plante de Ma Véracité, fait pousser des arbres de Mon obéissance et J'y ai érigé des montagnes de Ma certitude ...».
Comme le précédent, ce texte utilise aussi un langage symbolique, et tous les deux dénotent et mettent en évidence le rôle conscient du coeur et sa capacité à distinguer la Vérité du Faux et la Guidance de la Perdition.
Retour aux munâjât
Dans une autre séquence du munâjât que nous avons présenté, l'Imam attire notre attention sur un autre aspect de l'immense Bonté divine: Allah vient vers celui qui vient vers Lui et le protège par Sa Grâce; Il est Compatissant et Clément envers celui qui L'oublie et Il efface cet oubli en l'attirant vers Lui par l'affection qu'il Lui montre:
«Ô Toi qui viens à la rencontre de ceux qui se dirigent vers Toi, et qui reviens sans cesse vers eux pour leur prodiguer Tes faveurs; Ô Toi qui Te montres Clément et Compatissant envers ceux qui négligent de T'invoquer, et qui les attires vers Ta porte avec affection et amabilité!»
Puis l'Imam al-Sajjâd (p) formule à l'adresse du Miséricordieux une demande qui nous laisse interrogateurs: il implore Allah de lui réserver la plus grande part de Sa Miséricorde qu'Il accorde aux serviteurs pieux et dévoués, la plus haute position auprès de Lui qu'Il leur destine etc.:
«Je Te demande de me réserver le plus grand lot des faveurs que Tu leur accordes, la plus haute position auprès de Toi que Tu leur destines, la plus grande part de Ton amour (que Tu leur montres), et la plus grande partie de Ta connaissance (que tu leur autorises)».
Au début, l'Imam demandait à Allah de le joindre à la caravane des serviteurs pieux, mais le voilà maintenant qui rehausse d'un cran sa requête et souhaite que le Seigneur lui réserve auprès de Lui la plus haute position qu'Il leur impartit. Comment concilier entre les deux demandes? Que s'est-il passé à l'intérieur de l'Imam, dans son coeur et son esprit, au cours du même do'â', pour qu'une telle gradation et un tel saut se produisent dans sa demande?
La réponse à cette interrogation requiert l'explication de l'un des secrets de la Prière de demande (do'â').
En effet Allah nous a appris à ne pas être parcimonieux dans nos requêtes et de ne pas être avares dans nos sollicitations, ayant affaire au Maître généreux. Que c'est vilain que de se montrer avare dans la demande lorsque l'Être sollicité est la Générosité même et que les trésors de Sa Miséricorde sont inépuisables, illimités! Et d'autant plus que la profusion de Ses dons ne fait qu'augmenter Sa Générosité et Sa Largesse!
Par ailleurs, on comprend mieux la demande de l'Imam al-Sajjâd (p) d'être privilégié dans la position qu'Allah réserve à Ses serviteurs dévoués, lorsqu'on sait qu'Allah nous a enseigné comme règle de politesse de Lui demander de nous placer au devant des croyants pieux: «Et fais de nous un guide (imam, celui qui se met devant) pour les pieux». (Sourate al-Forqân, 25: 74)
En outre, on trouve dans de nombreux do'â' des Imams d'Ahl-ul-Bayt (p) cette formule adressée au Seigneur:
Le do'â' et son sommet
Beaucoup de prières de demande ont un fond et un sommet. Le fond représente la position du serviteur avec tous les méfaits et les péchés qu'il a commis, alors que le sommet incarne légitimement ses espoirs et ses ambitions en Allah dont la Largesse, la Générosité et les trésors de sa Miséricorde sont illimités et inépuisables. L'Imam Zayn al-'Âbidîn al-Sajjâd (p) nous fait sentir cette distance psychologique entre le sommet et le fond dans Do'â' al-Sahar précité: «Ô Maître, lorsque je vois mes péchés, je suis terrifié, et lorsque je vois Ta Noblesse, je la convoite». Et, «Ô Mon Seigneur! Mon espoir est grand et mon action est mauvaise; accorde-moi donc de Ton Pardon ce qui correspond à mon espoir, et ne me tiens pas rigueur de ma mauvaise action».
Dans le do'â' Kumayl, l'Imam 'Alî (p) commence par le fond et implore:
«Ô Mon Dieu! je ne vois personne d'autre que Toi pardonner mes péchés, dissimuler mes vilenies et transformer ma mauvaise action en bon acte. Point de divinité, si ce n'est Toi! Gloire et Louange à Toi! Je me suis rendu injuste envers moi-même et j'ai osé (transgresser Ta Loi) par mon ignorance; et j'ai fait appel au souvenir que Tu avais de moi et à la faveur que Tu m'avais toujours accordée (pour mon pardon). Ô Mon Dieu! Ô Mon Maître! Combien de mes actes détestables Tu as couverts, et combien de calamités Tu m'as épargnées! et combien de trébuchements Tu m'as évités, et combien de malheurs Tu as éloignés de moi, et combien de belles louanges (à mon égard) Tu as propagées! Ô Mon Dieu! mon malheur s'est aggravé, mon état a empiré, mes bonnes actions se sont réduites, mes chaînes m'ont entravé, mes espérances démesurées m'empêchent de me rendre utile, ce bas-monde m'a trompé par sa vanité, et mon âme, par sa trahison et mes atermoiements. C'est pourquoi, je Te demande, ô Mon Maître, par Ta Gloire, de faire en sorte que mes mauvaises actions et mes péchés n'empêchent pas mon invocation de parvenir à Toi, et de ne pas dévoiler ce que Tu connais de mes secrets».
Ce fond est le niveau le plus bas de la servitude avec tout ce qu'elle comporte de mal et de négatif. Puis il remonte pour atteindre le sommet de l'ambition qui incarne le grand espoir du serviteur dans la large Miséricorde d'Allah:
«Donne-moi la possibilité de Te craindre révérenciellement, et d'être à Ta disposition continuellement, afin que je sois parmi ceux qui rivalisent dans leur course vers Toi, et le plus rapide de ceux qui accourent pour s'approcher de Toi, et que je Te craigne comme tous les croyants convaincus, et afin que je rejoigne auprès de Toi, les gens pieux. Ô Mon Dieu, si quelqu'un me voulait du mal, rends-le-lu, fais de moi le meilleur de Tes serviteurs, le plus proche de Toi et Ton fidèle le plus dévoué. Car une telle faveur, on ne peut l'obtenir que par Ta Grâce».
Ce voyage du "fond" au "sommet" exprime le mouvement de l'homme vers Allah. C'est le voyage de l'espoir, de l'espérance et de l'ambition. Et lorsque l'homme place son espoir et son ambition en Allah, son voyage n'a pas de fin, ni de limite.
Les trois moyens
Dans ce voyage, l'Imam 'Alî al-Sajjâd (p) prie Allah par trois moyens, conformément à la volonté d'Allah qui nous commande de Lui demander les moyens d'aller à Lui:
«Ô vous qui croyez! Craignez Allah et recherchez les moyens de vous rapprocher de Lui! Combattez pour Sa Cause! Peut-être serez-vous heureux».(62)
«Ceux-là mêmes qu'ils invoquent, recherchent le moyen de se rapprocher de leur Seigneur».(63)
Les moyens que l'Imam demande à Allah dans ce voyage sont: le besoin, la demande et l'amour. Quelle pertinence! Ce maître incontesté du Do'â' sait parfaitement ce qu'il demande à Allah, comment demander et où sont les points d'accès à la Miséricorde du Miséricordieux!