l'ecole d'ahl - ul - bayt: premiere des cinq ecoles
(12) objective et fondée sur des références qui font autorité parmi tous les courants juridiques de l'islam, il y avait du vivant du prophète et autour de lui deux tendances parmi les compagnons :
1- une tendance qui croyait au culte
(13) et à l'arbitrage de la religion, et à l'acceptation absolue du texte
(14) religieux dans tous les aspects de la vie.
2- une tendance qui croyait que la foi en la religion n'exige du musulman qu'un culte limité à certains actes de piété et à certains aspects de l'islam - relevant du mystère (ghayb). en dehors de ce cadre limité, cette tendance croyait à la possibilité de "l'opinion personnelle" dans les autres domaines de la vie et, par conséquent, à la légitimité de changer ou de modifier le texte religieux selon l'intérêt du moment et des circonstances de la situation
(15).
«bien que les compagnons -en leur qualité d'avant-garde pieuse et éclairée- aient constitué la meilleure et la plus saine des graines pour l'engendrement d'une nation missionnaire (...) il faut reconnaître qu'il y avait dans leurs rangs un large courant -du vivant du messager- qui tendait à préférer le jugement personnel [ijtihâd] dans l'appréciation de l'intérêt [de la ummah]... opposé à un autre courant qui croyait à l'arbitrage de la religion, à la nécessité de se soumettre à elle et d'observer d'une façon scrupuleuse et absolue tous ses textes, dans tous les domaines de la vie.
«sans doute, l'un des facteurs de l'adhésion de la majorité des musulmans au courant de "l'opinion personnelle" réside-t-il dans la tendance naturelle de l'homme à agir selon l'intérêt qu'il pressent et apprécie lui-même, et non pas conformément à une décision dont il ne comprend pas le sens.»
le compagnon qui incarnait la tendance de l'observance absolue de tout le texte (le saint coran et la sunnah du saint prophète) était l'imam 'alî, alors que le compagnon le plus représentatif de la tendance qui admettait "l'opinion personnelle" et qui «se permettait de discuter les décisions du saint prophète et de donner un avis personnel qui n'allait pas toujours dans le sens du texte, étant convaincu qu'il pouvait s'arroger ce droit»
(17) était 'omar ibn al-khattâb.
l'incident qui illustre le mieux cette opposition entre les deux tendances est celui que rapporte al-bokhârî, entre bien d'autres, et selon lequel un jour, alors que le prophète était allongé sur son lit d'agonie en présence d'un bon nombre de compagnons, il demanda qu'on lui apporte de quoi écrire son testament : «laissez-moi vous écrire une lettre de conduite qui vous évitera de vous égarer.» 'omar ibn al-khattâb dit alors aux gens présents : «le prophète est emporté par la souffrance
(18). vous avez le coran. nous pouvons nous contenter du livre d'allah !» a ce moment-là, un différend et une dispute éclatèrent entre les compagnons. les uns disaient: «laissez le messager d'allah vous écrire une lettre qui vous évitera de vous égarer», les autres se rangeaient à l'avis d''omar. lorsque la dispute s'intensifia, le prophète, excédé, leur dit: «allez-vous en !»
mohammad bâqir al-Çadr cite plusieurs exemples où les représentants de la tendance de "l'opinion personnelle", et notamment 'omar ibn al-khattâb, ont contesté certaines décisions du prophète, comme lors de la conclusion du traité de hudaybiyyah
(20), ou de la nomination du jeune osâmah ibn zayd
(21) au commandement de l'armée musulmane à la veille du décès du prophète, etc.
cette attitude tendant à prendre une certaine liberté avec les stipulations explicites ou implicites du texte, adoptée par les tenants de la tendance de "l'opinion personnelle" se poursuivra après le décès du prophète et lorsque les représentants de cette tendance accéderont au califat.
les exemples en sont trop nombreux pour être cités ici. citons seulement, à titre d'illustration, la déclaration publique que le "calife bien-dirigé" 'omar ibn al-khattâb fera un jour, pendant son califat, du haut de sa chaire:
«deux mut'ah étaient en cours à l'époque du prophète, et moi je les prohibe et je punis quiconque les pratique : le "mut'at al-hajj" et le "mut'at al-nisâ'".»
l'opposition et le différend entre les deux tendances prirent corps et éclatèrent au grand jour après le décès du prophète et à propos de sa succession à la tête de l'etat islamique. alors que la tendance de "l'observance stricte du texte" estimait que cette question était déjà tranchée par le texte, puisque le messager d'allah en avait confié le soin à l'imam 'alî à travers de nombreux hadith, notamment dans "hadith al-thaqalayn"
(23) et dans le sermon de "ghadîr khom"
(24), et que de ce fait les musulmans devaient s'en tenir au texte ou au testament du prophète, les tenants de la tendance de "l'opinion personnelle" se réunirent à la "saqîfah" pour porter au califat abû bakr, au nom de "l'intérêt général" et en invoquant le principe de "chûrâ".
abû bakr et d'autres représentants de la tendance de "l'opinion personnelle" étant devenus officiellement les chefs de l'etat islamique et, par conséquent, l'autorité suprême islamique, leurs faits et dires sont devenus par voie de conséquence une sunnah (tradition à suivre), tout au moins pour les adeptes de cette tendance, qui seront désignés peu à peu sous l'appellation de"sunnites", par référence à leur loyauté envers la sunnah des chefs officiels de l'etat islamique.
tandis que l'autre tendance, celle de "l'observance scrupuleuse du texte" resta attachée à l'intégralité des stipulations du texte, qui désigne (comme nous allons le voir dans les différents chapitres de ce livre) dans les deux sources qui le représentent, à savoir la sunnah du prophète -explicitement- et le noble coran -implicitement - l'imam 'alî et onze de ses descendants d'ahl-ul-bayt (les gens de la maison du prophète) comme seuls successeurs légitimes du prophète, ayant compétence pour expliquer et interpréter le texte et ses applications. les adeptes de cette tendance furent appelés les "chi'ites (partisans) de 'alî", et par la suite tout simplement "chi'ites".
ainsi, contrairement à l'idée reçue chez de nombreux musulmans, les "chi'ites" ne sont les partisans (chi'ites) de 'alî que parce qu'ils sont les fidèles inconditionnels de toutes les stipulations de la sunnah du prophète - qu'ils considèrent comme étant intouchable et sacrée- car, faut-il le rappeler, les chi'ites sont les seuls -et à la différence des adeptes des autres ecoles juridiques (dites sunnites) - à croire que le prophète était infaillible (et ne pouvait donc pas avoir tort ni se tromper) non seulement depuis le début de sa mission prophétique, mais depuis sa naissance jusqu'à sa mort.
si donc ils se sont attachés à l'imam 'alî plus qu'à tout autre compagnon, ce n'est ni par culte de sa personnalité, ni en raison d'une admiration passionnelle, qui seraient dus à ses nombreuses qualités élevées et à ses vertus, mais essentiellement parce qu'ils croient d'une part qu'il incarnait la fidélité absolue aux traditions du prophète, la représentation fidèle de la tendance de "l'observance absolue du texte", et d'autre part parce qu'il avait été désigné par le prophète pour lui succéder et pour poursuivre son oeuvre d'explication et d'interprétation de la chari'ah.
et, de la même façon, s'ils récusent la légitimité des représentants de la tendance de "l'opinion personnelle", c'est seulement parce qu'ils croient à l'obligation d'observer - pour tout musulman, y compris les compagnons - et de suivre à la lettre les stipulations de la sunnah du prophète, qu'ils placent au-dessus des impératifs du moment et de "l'intérêt général" conjoncturel, tels que les perçoit et les estime la tendance de "l'opinion personnelle". car, selon une croyance des chi'ites -fondée sur le texte - seule l'infaillibilité du prophète est à même de concevoir, de bien apprécier et de garantir l'intérêt général véritable de la religion éternelle (l'islam), et de la ummah, à court et à long termes.
ainsi donc, pour éviter l'aberration suscitée par les termes "sunnites" et "chi'ites", par lesquels on désigne les adeptes respectifs des deux courants de l'islam qui se sont développés après la disparition du prophète, l'un sous l'égide du pouvoir, l'autre à l'écart du pouvoir, il vaudrait mieux employer le couple "loyalistes" - "légitimistes", les loyalistes (sunnites) étant ceux qui ont accepté l'autorité religieuse du pouvoir califal, et les légitimistes (chi'ites) ceux qui ont considéré que la seule autorité religieuse légitime est celle qui avait été désignée par le prophète et représentée par les saints imams d'ahl-ul-bayt (l'imam 'alî, suivi de onze de ses descendants). cette mise au point étant faite, si le "sunnisme" veut se définir vraiment comme l'attachement à l'intégralité de la sunnah du prophète, l'opposition entre "sunnisme" et "chi'isme" n'aurait plus de raison d'être car, comme nous l'avons aperçu, la naissance et le développement de cette opposition étaient axés sur la question de l'observance absolue du texte (le coran et la sunnah du prophète) en général, et de la sunnah du prophète en particulier, laquelle est essentielle pour la compréhension correcte du saint coran et de la détermination des applications des commandements d'allah qui y figurent. * * * *
ce livre a été écrit afin de permettre aux nombreux musulmans à qui l'occasion n'a pas été offerte de connaître la vérité de l'ecole juridique d'ahl-ul-bayt, et dont la seule connaissance -souvent fragmentaire et fausse- provient de vagues "on-dit", d'avoir une idée juste et correcte de cette ecole, et de savoir qui sont les ahl-ul-bayt, quelles sont leurs références dans le saint coran et dans la sunnah, quels sont leurs rapporteurs de hadith, et comment est née et s'est développée cette ecole, depuis l'époque du prophète jusqu'à nos jours.
dans un premier chapitre, intitulé "ahl-ul-bayt dans le saint coran", ce livre s'efforce d'énumérer quelques versets coraniques révélés à propos des ahl-ul-bayt, et de préciser -à l'appui des interprétations de mufassirîn (exégètes) de différentes ecoles juridiques musulmanes, tels que al-zamakh-charî, al-râzî, al-tabarî, al-tha'âlibî, etc.- quels sont, nommément, à part le prophète, les personnages compris ou désignés par le terme "ahl-ul-bayt". il s'applique également à montrer comment ces versets coraniques soulignent l'infaillibilité des ahl-ul-bayt et commandent aux musulmans de s'attacher à eux et de suivre leur exemple.
dans un deuxième chapitre, "ahl-ul-bayt dans la sunnah du prophète", on découvrira -ou l'on redécouvrira- ce que le prophète a dit à propos des "gens de sa famille", ainsi qu'un certain nombre de hadith célèbres concernant les "ahl-ul-bayt", notamment hadith al-thaqalayn (les deux poids) dans lequel il associe les ahl-ul-bayt au saint coran et en fait les deux références inséparables de tout musulman. on peut connaître dans ce chapitre surtout, les noms de tous les recueils de hadith sains (Çahîh) sunnites et chi'ites -de "musnad ahmad" à "Çahîh muslim", en passant par al-Çiyûtî et al-tirmithî- qui citent ce hadith, et ceux de tous les compagnons du prophète, tels qu'abû tharr al-ghifârî, 'abdullâh ibn 'omar, abû hurayrah, umm salma, etc. qui attestent l'avoir entendu.
dans le troisième chapitre, "le saint coran vu par les uléma de l'ecole d'ahl-ul-bayt", le livre montre, en citant les plus grands uléma de l'ecole d'ahl-ul-bayt, que contrairement à ce que prétendent d'aucuns, ces uléma sont unanimes pour affirmer que le saint coran, dans sa version actuelle que lisent tous les musulmans, est intact et n'a pu subir aucune déformation depuis sa révélation, et ce conformément à cette parole d'allah :
«nous avons fait descendre le rappel ; nous en sommes les gardiens.» (sourate al-hijr, 15 : 9)
dans le quatrième chapitre, "le saint coran dans les récits des ahl-ul-bayt", le livre cite différents récits rapportés des saints imams d'ahl-ul-bayt, dans lesquels ceux-ci décrivent la grandeur du livre d'allah et la nécessité pour tous les serviteurs d'allah de suivre à la lettre tous ses commandements.
dans un autre chapitre, "les bases de la compréhension et du tafsîr du saint coran", il nous est proposé de nous arrêter sur l'analyse des différentes significations -étymologique, courante, technique - du terme "tafsîr" (interprétation), avant d'expliquer la méthodologie de l'interprétation du coran suivie par les ahl-ul-bayt, interprétation fondée sur deux règles :
- l'interprétation du coran par le coran, l'explication des versets par d'autres versets ;
- l'interprétation du coran par des hadith authentiques.
dans le chapitre intitulé "la sunnah du saint prophète dans l'ecole d'ahl-ul-bayt", le livre montre le rôle prépondérant des imams d'ahl-ul-bayt dans la mémorisation, la diffusion et la sauvegarde des traditions de leur grand-père, le saint prophète traditions qui, avec le saint coran, constituaient les seules sources de leur doctrine, de leurs enseignements et de leurs explications des stipulations de la chari'ah. ce chapitre s'applique également à expliquer ce qu'est la sunnah, et quelle est la méthode originale et rigoureuse suivie par les uléma de l'ecole d'ahl-ul-bayt pour vérifier et établir l'authenticité des hadith, méthode fondée sur l'examen de la chaîne des rapporteurs d'un hadith (sanad) d'une part, et la vérification du "matn" (le texte ou le contenu du hadith), en vue de s'assurer qu'il n'y a rien dans ce hadith qui serait contraire aux stipulations du livre d'allah, d'une sunnah établie authentique, ou d'une vérité admise par le législateur, telle que toute vérité rationnelle absolue et incontestable.
dans le chapitre intitulé "les imams d'ahl-ul-bayt, rapporteurs du hadith du saint prophète", le lecteur apprendra que les saints imams d'ahl-ul-bayt -qui avaient la charge de diffuser et de sauvegarder les traditions du prophète- constituaient la chaîne la plus sûre de la transmission de père en fils des hadith de leur grand-père. il pourra vérifier également comment cette transmission s'opérait, et quelle était la crédibilité de chacun de ces imams auprès de l'ensemble des uléma de son époque, et savoir qui sont les douze imams d'ahl-ul-bayt, à quelle époque et dans quelles circonstances a vécu chacun d'eux.
dans le chapitre "l'unicité (tawhîd) dans l'ecole d'ahl-ul-bayt", les auteurs du livre s'emploient à souligner tout d'abord l'importance de la compréhension correcte de la notion d'unicité en islam. ils expliquent ensuite que selon l'ecole d'ahl-ul-bayt, la meilleure façon d'avoir une compréhension correcte de la conception de l'unicité en islam est de s'en tenir uniquement aux différentes parties du saint coran et de la sunnah, qui sont après tout la seule source de la pensée doctrinale. et, après avoir souligné les Livreses influences -chrétienne, juive, grecque, etc.- qui ont pu glisser dans la conception de l'unicité adoptée par un grand nombre de tendances ou d'ecoles musulmanes à l'époque de la propagation et de l'expansion de l'islam et à la suite de la conversion à cette religion de gens d'origines et de civilisations Livreses, les auteurs rappellent le rôle prépondérant que les imams d'ahl-ul-bayt ont pu jouer, grâce à leur maîtrise des tenants et des aboutissants du saint coran et de la sunnah, pour conserver à la conception islamique de l'unicité sa pureté et sa clarté, et pour dénoncer comme hérétiques et déviationnistes certains groupuscules et certains individus qui se réclamaient des ahl-ul-bayt tout en professant des idées et des doctrines contraires à leur conception pure de l'unicité -fondée sur ce principe : «allah est la perfection absolue. il est exempt de tout défaut. il n'a pas d'associé, ni de pareil ni de semblable ni de contraire.»
a une autre question, à propos de laquelle différentes théories "islamiques" ont été élaborées à l'époque de la formation des ecoles juridiques, et qui a trait à la justice d'allah et au point de savoir si l'homme a la maîtrise de ses actes ou si c'est allah qui lui fait commettre des péchés et accomplir de bonnes actions, les auteurs de ce livre consacrent le chapitre "la justice divine et l'explication de la conduite humaine». ils exposent d'abord les deux théories principales qui avaient traité de ce sujet pendant les premiers siècles de l'hégire : le "jabr" (la contrainte : l'homme est contraint, il n'a pas le choix de sa conduite qui, selon cette théorie, lui serait dictée par allah) et le "tafwîdh" (la délégation : allah aurait délégué à l'homme la totalité du contrôle de ses actes, sa volonté serait séparée de celle d'allah). et ils montrent ensuite comment les saints imams d'ahl-ul-bayt ont réfuté ces deux théories qui mettent en cause la justice d'allah et sa toute-puissance, pour expliquer que l'homme ni n'est tout à fait libre de ses actes, ni totalement contraint, mais entre les deux.
dans le chapitre intitulé "les ahl-ul-bayt et les groupuscules égarés", les auteurs expliquent:
1- comment et pourquoi des éléments subversifs profitèrent de l'époque de confusion, de déferlement et prolifération de courants de pensée et de théories pour se réclamer de l'ecole d'ahl-ul-bayt et diffuser des paroles qu'ils attribuaient faussement aux saints imams (s) -conférant à ceux-ci des qualités divines, etc. dans l'intention de les discréditer.
2- comment les uléma et les jurisconsultes de l'ecole d'ahl-ul-bayt se sont appliqués à démontrer la fausseté de ces prétendus hadith et à démasquer le vrai visage de ceux qui les diffusaient, empêchant ainsi l'ecole d'ahl-ul-bayt d'être entachée par les doctrines étrangères à la pureté islamique des enseignements des ahl-ul-bayt.
3- comment les détracteurs de l'ecole d'ahl-ul-bayt et les différents pouvoirs ou autorités -dont la position s'accommodait mal de l'application des traditions authentiques du prophète que cette ecole ne cessait d'exiger- profitèrent de cette situation et s'appliquèrent à propager largement les faux hadith attribués aux ahl-ul-bayt, tout en essayant d'empêcher les véritables enseignements de cette ecole et leurs livres de parvenir aux masses musulmanes. et c'est à cause de ces manoeuvres perfides qu'on trouve, même de nos jours, de nombreux musulmans qui confondent les chi'ites (les adeptes de l'ecole d'ahl-ul-bayt) avec les doctrines de certains groupuscules égarés et intrus que les imams d'ahl-ul-bayt et les uléma chi'ites étaient les premiers à dénoncer et à démasquer.
dans un chapitre intitulé "les principes de l'éducation des ahl-ul-bayt", on peut apprendre comment les saints imams d'ahl-ul-bayt se sont employés à former et à éduquer islamiquement leurs disciples. l'idée-clé de leur éducation était la suivante : il ne suffit pas d'aimer les saints imams d'ahl-ul-bayt pour être un bon musulman ou un disciple d'ahl-ul-bayt. un bon musulman est celui dont les actes reflètent la fidélité aux commandements d'allah et aux traditions de son messager. seul celui qui obéit aux commandements de la chari'ah dans tous ses actes peut valablement se réclamer de la doctrine d'ahl-ul-bayt. quelques citations des saints imams d'ahl-ul-bayt, et notamment de l'imam al-Çâdiq sont à cet égard très instructives.
dans le chapitre "la méthode d'action politique des ahl-ul-bayt", on peut apprendre que les saints imams d'ahl-ul-bayt se sont appliqués :
1- à appeler les gens à dénoncer l'injustice et à lutter contre elle;
2 - à boycotter les gouvernants injustes et à refuser toute coopération avec eux ;
3- à se soulever contre les dirigeants injustes et à soutenir ceux qui les combattent ;
4- à résister politiquement au pouvoir injuste.
dans ce chapitre, on peut apprendre en détail le rôle politique de chacun des imams d'ahl-ul-bayt, sous les différents pouvoirs omayyades et abbassides, la répression et les persécutions qu'ils ont dû subir pour rester fidèles à leurs principes. on peut apprendre également comment l'unité et la continuité de l'action politique des douze imams d'ahl-ul-bayt, malgré ses formes différentes, traduisait la cohérence de leur doctrine et incarnait ce que la chari'ah exige de tout dirigeant islamique.
dans le chapitre "regards sur les ecoles juridiques musulmanes", on peut se faire une idée de la raison de la formation des différentes ecoles juridiques islamiques, ainsi que des raisons de leurs divergences.
ces raisons résident dans deux faits :
- il y a divergence en ce qui concerne les sources de la chari'ah, après le coran et la sunnah, adoptées par chacune des ecoles juridiques;
- il y a divergence aussi sur les critères de l'authenticité de certains hadith.
les auteurs du livre montrent que ces divergences sont de caractère légal, scientifique et objectif, et résultent de l'ijtihâd (opinion personnelle déduite de la loi islamique) de jurisconsultes compétents et dignes de foi, et ne devraient en aucun cas déboucher sur la division des musulmans, ni jeter le discrédit ou la suspicion sur la foi des uns ou des autres. car chacune de ces ecoles a été formée en principe uniquement pour permettre aux musulmans de s'acquitter en toute légalité de leurs obligations religieuses en se conformant aux décrets des jurisconsultes -qui assument seuls la responsabilité de toute erreur de jugement- qui se sont regroupés autour de cinq méthodologies de recherche différentes, mais visant toutes un même but: la compréhension correcte et l'application juste de la loi islamique. elles ne sont donc pas des institutions sociales ou politiques rivales ou concurrentes, cherchant chacune à s'attirer des adeptes ou des "clients". chaque musulman devrait être donc libre de choisir légalement et sans a priori ni préjugés l'ecole juridique qu'il croit être la mieux à même de lui permettre de s'acquitter de ses obligations envers son créateur. c'est du moins ce que le défunt chaykh al-azhar du caire, le docteur mahmûd chaltût et son successeur muhammad muhammad al-fahhâm ont eu le courage de décréter, en écoutant la voix de la noble chari'ah et en faisant fi des considérations politiques séculaires qui tendaient à mettre au ban et tenir à l'écart des ecoles juridiques officielles toute ecole dont la doctrine refuse de s'accommoder des raisons d'etat du pouvoir. tel est le thème principal du dernier chapitre, intitulé "les musulmans : une communauté unique", qui montre que tout musulman sincère et bien instruit ne peut que constater que ceux qui essaient de jeter le discrédit sur certaines ecoles juridiques ou d'insinuer que les divergences entre les ecoles juridiques ont trait aux fondements de la foi sont ou bien des ignorants, ou bien agissent avec des intentions douteuses.
notons enfin que les auteurs de ce livre ont tenu, par souci d'objectivité et afin de permettre au lecteur et au chercheur de vérifier le bien-fondé des faits présentés dans cet ouvrage, à faire figurer à la fin du livre une annexe contenant des centaines de références sunnites qui font autorité et qui attestent que les versets coraniques cités par les auteurs concernent bien les ahl-ul-bayt, et que le terme "ahl-ul-bayt" désigne bien, à part le prophète, l'imam 'alî, fâtimah al-zahrâ', et leurs descendants.
abbas a. al-bostani ahl-ul-bayt dans le saint coran
le saint coran est la source de la pensée et l'origine de la législation et des valeurs islamiques. ce qui y est dit est révélation et parole divine sacrée, qui formule le mode de la vie et précise ses lois.
tout musulman le sait : ce que le saint coran a apporté constitue sa législation et son message dans la vie, et il est tenu de l'appliquer et de marcher à sa lumière. le saint coran a évoqué les ahl-ul-bayt (s)
(25) de la façon suivante.
1) l'évocation de leur nom courant. en effet, le saint coran les appelle tantôt "ahl-ul-bayt", comme dans le verset de tat-hîr