Home > Bibliothèque > Histoire > Ali ibn abi talib, le quatrieme calife
- réflexions concernant l'election d'un calife à la place de `othmân
il y avait deux candidats, talha et zubayr (tous deux, frères de lait de `Âyechah), qui aspiraient au califat en s'appuyant sur le soutien puissant de `Âyechah, mais malheureusement pour eux, elle n'était pas présente à médine à ce moment-là, puisqu'elle se trouvait à la mecque, comme nous l'avons déjà noté. talhah - qui avait pris une part active dans l'incitation des assiégeants de la maison de `othmân à précipiter le cours des choses - et son associé, zubayr, étaient appuyés dans leur candidature par quelques gens de basrah et de kûfa, mais la majorité du peuple de médine, qui prétendait jouir du droit exclusif d'élire un calife, s'était choisi un troisième homme plus digne de ce poste. c'était un homme admiré aussi bien par ses amis que par ses ennemis, pour son courage, son éloquence, sa magnanimité, sa piété, sa noblesse et sa proche parenté avec le prophète. il s'agissait évidemment de `alî, le cousin germain du prophète, et le père de la postérité du prophète, par sa fille bien-aimée, fâtimah. i1 était considéré comme le prétendant naturel au califat, et les gens, désireux à présent d'être gouvernés par l'héritier du prophète, voulaient voir `alî élevé à sa légitime dignité. talhah et zubayr, alerté par l'atmosphère générale favorable à `alî, se tinrent tranquilles, et pensèrent qu'il était plus prudent de dissimuler leurs sentiments au point d'accepter de prêter serment d'allégeance à `alî lorsqu'il fut élu, avec la ferme intention d'abjurer dès qu'une occasion favorable se présenterait à eux.
donc plusieurs notables de la ville de médine se rendirent chez `alî et lui demandèrent d'accepter de gouverner. en réponse, il leur affirma qu'il n'avait pas d'attirance pour le pouvoir temporel, et qu'il prêterait volontiers d'allégeance à quiconque ils éliraient. mais les médinois insistèrent sur le fait qu'il n'y avait aucune autre personne aussi qualifiée que lui pour ce poste. cependant `alî resta, malgré toute leur insistance, ferme dans son refus, et dit qu'il aimerait mieux servir un autre comme conseiller que de se charger du gouvernement lui-même. les insurgés, soucieux de remettre la ville dans son état normal après l'avoir réduite eux-mêmes au présent état de désordre, étaient les plus ennuyés par la difficulté du choix d'un calife. aussi insistèrent-ils pour que, avant leur départ, les citoyens de médine qui prétendaient jouir du droit exclusif de choisir le futur calife, procèdent à son élection en un jour, car elles étaient les seules personnes qualifiées pour régler la controverse, en précisant que si ce choix n'était pas fait dans le délai imparti, ils (les insurgés) passeraient par les armes les notables de la ville. alarmés par cet ultimatum, les gens revinrent chez `alî le soir même et lui expliquèrent la situation, le suppliant de reconsidérer sa position et les menaces qui pesaient sur la religion. cédant finalement à leur argumentation pathétique, `alî accepta leur requête, bien qu'avec réticence, en leur disant : "si vous m'excusez et élisez un autre que vous jugeriez plus digne que moi d'être élu, je me soumettrai à votre choix et je prêterai allégeance à votre élu.
si non, et si je dois me conformer à votre désir et accepter votre offre, je vous dis franchement dès le début que je conduirai l'administration d'une façon totalement indépendante et que je traiterai tout selon le livre sacré du seigneur et mon jugement". ils acceptèrent sans hésitation ces conditions et s'apprêtèrent à lui serrer la main en guise de prestation de serment d'allégeance, mais il refusa de faire quoi que ce soit, si ce n'était en public, afin que personne ne puisse murmurer. en fait "`alî craignait les intrigues de `Âyechah, talhah, zubayr et de toute la famille omayyade (dont le chef était mu`âwiyeh, le lieutenant de `othmân en syrie) dont il savait qu'ils saisiraient toutes les occasions pour s'opposer à son gouvernement"
le lendemain matin (le quatrième jour après l'assassinat de `othmân), les gens se rassemblèrent en grand nombre dans la grande mosquée où `alî apparût habillé d'une simple robe de coton et coiffé d'un rude turban autour de la tête, et portant dans sa main droite un arc et dans sa main gauche des pantoufles qu'il avait 6tées par respect pour le lieu. talhah et zubayr n'étant pas présents, il demanda qu'on les fasse venir. lorsqu'ils arrivèrent, ils lui tendirent leurs mains en signe d'approbation de son élection au califat. mais `alî se garda de répondre à leur geste et leur dit que s'ils étaient sincères dans leur cœur, ils devaient lui faire serment d'allégeance en bonne et due forme, leur assurant qu'en même temps, si l'un d'entre eux acceptait le califat, il était, quant à lui, tout à fait disposé à lui prêter serment d'allégeance en toute sincérité et qu'il serait plus heureux de le servir en tant que conseiller que de gouverner lui-même. tous les deux déclinèrent cette offre, et pour exprimer leur satisfaction de son accession au califat, ils avancèrent leurs mains pour lui rendre hommage. le bras de talhah avait été estropié à la suite d'une blessure survenue lors de la bataille d'ohod. aussi ne pouvait-il le tendre qu'avec difficulté. et étant le premier à commencer la cérémonie d'hommage, l'assistance considéra son attitude comme une mauvaise augure et un assistant fit cette remarque : "i1 est probable que ce sera une piètre affaire que celle qui commence par une main estropiée". la suite des événements donnera raison au présage.
l'assistance prêta ensuite serment d'allégeance à `alî, et son exemple fut suivi par tout le peuple. aucun des omayyades ni des proches partisans de `othmân ne se présenta. `alî, pour sa part, ne pressa personne de venir lui prêter serment d'allégeance. il y avait aussi certains notables de médine qui restèrent à l'écart, ne voulant pas rendre hommage à `alî. i1 s'agissait (selon al-mas`tidî) de sa`d ibn abî waqqâç, maslamah ibn khâlid, al-moghîrah ibn cho`bah, qidâmah b. matzun, wahbân ibn sayfi abdullâh b. salmân, hasan ibn thâbit, kab ibn mâlik, abti sa îd khudrî, mohammad ibn maslamah, et `abdullâh ibn `omar, fidhalah ibn `abîd, ka`b ibn ajza. habib al-sayyâr ajoute à cette liste : "zayd ibn thâbit, osma ibn zayd abu mousâ al-achari zayd b. râfi, salma ibn salma, sohayb ibn sinân, no`mân ibn bachîr et al-tabari y ajoute : râfi` ibn khadij. ces gens furent surnommés les mo`tazilah.
les insurgés, ayant rendu hommage à `alî, retournèrent chez eux.
après l'inauguration du califat de `alî, talhah et zubayr, accompagnés de plusieurs autres, vinrent voir `alî et lui demandèrent que le meurtre de `othmân soit absolument vengé, offrant leurs services pour atteindre ce but. `alî savait parfaitement que le crime avait été perpétré devant leurs yeux et que leur cri de vengeance n'était destiné qu'à provoquer des troubles en excitant la foule des ennemis. il leur expliqua donc que l'événement avait ses fondements dans de vieilles dissensions, qu'il y avait plusieurs parties dont les opinions divergeaient sur ce point, que ce n'était pas encore le moment de susciter une guerre civile, que le mécontentement était à l'instigation du diable qui, une fois maître du terrain, ne le lâcherait pas facilement, et que toutes les mesures qu'ils suggéraient de prendre n'étaient autres que la propre proposition du diable en vue d'encourager l'agitation et les troubles. i1 les informa toutefois qu'il avait déjà convoqué marwân, le secrétaire de `othmân, et nâ'ilah la femme de ce demier (qui étaient tous deux tout le temps dans la même maison avec le calife assassiné) afin de les interroger sur les vrais coupables qui avaient perpétré le meurtre. marwân était réticent, alors que nâ'ilah dit que les meurtriers étaient au nombre de deux, mais elle ne put ni nommer ni identifier aucun d'eux. `alî ajouta à l'adresse des partisans de la vengeance que plusieurs personnes étaient suspectées d'être impliquées dans le crime, mais qu'il n'y avait pas de preuves formelles contre elles. dans ces conditions, jura-t-il, à moins que toutes les parties s'unissent, si dieu le voulait, il était difficile de faire des pas concluants. i1 demanda aux visiteurs quelle méthode d'action ils proposaient pour atteindre le but. ils répondirent qu'ils n'en connaissaient aucune.
puis, il dit : "si vous parvenez à désigner un jour les assassins de `othmân, je ne manquerai pas de faire valoir la majesté de la loi divine en leur faisant payer ce qu'ils doivent". ils restèrent silencieux. ainsi, leur proposition insidieuse ayant été déjouée, ils repartirent. en même temps, averti par le départ soudain des familles omayyades, `alî commença à s'assurer la bonne volonté des quraych et des ançâr en leur montrant sa haute appréciation de leurs mérites, car il voulait avoir autant d'alliés que possible pour faire face aux difficultés qu'il craignait de la part des omayyades.
l'affaire suivante, qui fit l'objet de l'attention particulière du nouveau calife, était la révocation des impies qui gouvernaient les différentes provinces avec une telle tyrannie que les gens avaient été acculés au désespoir, ce qui avait coûté la vie à `othmân. beaucoup d'abus avaient été commis durant le règne de ce dernier, ce qui commandait une action immédiate, d'autant plus nécessaire que la plupart des gouvernements de provinces se trouvaient toujours entre les mains de personnes au passé douteux et à la foi suspecte. déterminé à opérer une réforme radicale, `alî décida de déposer mu`âwiyeh et les autres gouverneurs qui avaient été nommés par son prédécesseur. `abdullâh ibn `abbâs, qui venait de rentrer de son pèlerinage à la mecque, s'opposa fermement à cette mesure, et notamment à celle de la déposition de mu`âwiyeh, et conseilla à `alî d'ajourner l'exécution de cette réforme pendant un certain temps, au moins jusqu'à ce qu'il se trouvât solidement établi sans son autorité. i1 argua : "si tu déposes mu`âwiyeh, les syriens, solidement attachés à lui pour sa munificence, se révolteront contre toi tous ensemble, ne te reconnaîtront pas comme calife, et pis, t'accuseront du meurtre de `othmân. il serait donc plus sage de le laisser continuer dans ses fonctions jusqu'à ce qu'il se soumette à ton autorité, et une fois cela fait, il te sera facile de le faire sourir par les oreilles de chez lui quand tu le voudras". "en outre, rappela-t-il à `alî, talhah et zubayr ne sont pas des hommes sur qui on peut compter, et j'ai de bonnes raisons de les soupçonner de porter les armes contre toi très bient8t et de se joindre peut-être à mu`âwiyeh". "mais, protesta `alî, la loi divine n'autorise pas les tromperies astucieuses. je dois suivre strictement les principes authentiques de la religion, et c'est pourquoi je ne dois pas permettre à une impie de rester à ce poste. mu`âwiyeh n'aura rien d'autre que l'épée de ma part. je ne peux le garder même pas un seul jour". "bon ! continua-t-il. je te nomme, Ô ibn `abbâs". "cela est pratiquement impossible", s'écria ce dernier. "mu`âwiyeh ne me laisserait pas en vie, à cause de ma parenté avec toi."
quand les réformes avancèrent, talhah et zubayr vinrent voir `alî et posèrent leurs candidatures pour être nommés respectivement gouverneurs de kûfa et de basrah. mais `alî refusa poliment en faisant observer que dans les circonstances présentes, et critiques, il avait besoin de bons conseillers comme eux à ses c6tés.
ayant choisi ses hommes pour le gouvernement des différentes provinces, `alî les envoya à leurs destinations respectives au mois de moharram 36 a.h. pour remplacer les gouverneurs destitués. ainsi, il envoya : l. `obaydullâh ibn `abbâs au yémen; 2. qays ibn sa`d ibn `obâdah en egypte; 3. quthâm ibn `abbâs à la mecque; 4. samâhah ibn `abbâs à tihâmah; 5. `awn ibn `abbâs à yamânah; 6. `othmân ibn honayf à basrah; 7. ammara ibn chahab à kûfa; 8. sa`îd ibn `abbâs à bahrein; 9. sahl ibn honayf en syrie.
`obaydullâh arriva au yémen et s'aperçut que ya`lâ, son prédécesseur, avait transfér vers la mecque tout le trésor, évalué à environ soixante mille dinars, qu'il céda à `Âyechah avec six cents chameaux dont l'un était une rareté, un animal de grande taille et de bonne race, évalué à deux cents pièces d'or. il s'appelait al-`askar et fut spécialement offert pour l'usage personnel de `Âyechah. `obaydullâh prit toutefois ses fonctions de gouverneur du yémen.
qays ibn sa`d, lorsqu'il s'approchait de l'egypte, fut accueilli par la résistance du parti de `othmân, dans la garnison frontalière, mais il réussit à gagner le siège de son gouvernement en feignant devant les opposants d'être attaché à la cause de `othmân. son prédécesseur, `abdullâh ibn abî sarh, ayant acquis la certitude de sa proche révocation, avait déjà pris le chemin de la syrie afin de se réfugier chez mu`âwiyeh comme l'avaient fait la plupart des omayyades depuis l'accession de `alî au califat.
`othmân ibn honayf, qui était allé à basrah, y entra sans opposition, mais ibn `Âmir, son prédécesseur, était déjà parti avec tout le trésor pour rejoindre talhah et zubayr. `othmân occupa son poste, mais il constata que la désaffection pour `alî sévissait chez un grand nombre de gens.
`ammârah, rencontra sur sa route vers kûfa, à un relais appelé zabala, tulayhah et qa`qa` qui lui conseillèrent de retourner à médine étant donné, lui affirmèrent-ils, que les kûftes étaient résolus à ne pas se séparer d'abû mûsâ al-ach`arî qui avait été nommé selon leur propre choix par le dernier calife. ils l'avertirent que s'il tentait d'entrer à kûfa, il aurait à faire face à une forte hostiiité. `ammârah rebroussa chemin vers médine et fît un rapport sur ce qui s'était passé au calife.
lorsque sahl, le nouveau gouverneur de syrie, arriva à tabûk, il rencontra un groupe de cavaliers qui lui dirent que le peuple syrien réclamait vengeance pour `othmân et qu'il n'était pas prêt à accueillir un homme nommé par `alî qû il n'avait pas reconnu comme calife. n'étant pas préparé à assurer son avance, sahl retourna à médine et relata les faits à `alî.
entre-temps, les omayyades, ne négligeant rien qui puisse servir à perturber `alî et son gouvernement, apportèrent, sur les instances d'om habîbah, une veuve du prophète et la soeur de mu`âwiyeh, la chemise tachée de sang que `othmân portait lors de son assassinat, ainsi que les doigts estropiés de nâ`ilah, sa femme, à mu`âwiyeh en syrie où il les utilisa comme un instrument pour susciter l'esprit de vengeance chez les gens. `amr ibn al-`Âç, le conseiller spirituel de mu`âwiyeh, dit à ce dernier : "montre à l'ânesse son ânon, elle remuera ses entrailles", et mu`âwiyeh, s'exécuta en suspendant ladite chemise, sur laquelle on avait attaché les doigts estropiés de nâ'ilah, sur la chaire de la mosquée de damas. parfois ces reliques étaient transportées au campement de l'armée. ces objets, exposés quotidiennement aux regards, exaspéraient les syriens qui pleuraient tellement que leurs joues et leurs barbes étaient mouillées par leurs larmes et qu'ils jurèrent de tirer vengeance des assassins de `othmân.
lorsque sahl retourna à médine, `alî demanda à talhah et zubayr de rendre compte de l'étendue de la division des partis, division contre laquelle il les avait mis en garde. ils répondirent que s'ils étaient autorisés de sortir de médine, ils accepteraient d'être comptables de la perpétuation des troubles. `alî leur dit que la sédition est comme le feu, plus il brûle, plus il s'intensifie et brille, et que toutefois, il le supporterait aussi longtemps que possible, mais que s'il devenait insupportable il essaierait de l'éteindre. il se résolut tout d'abord à écrire une lettre à mu`âwiyeh et à abû mûsâ pour leur demander de présenter leur allégeance. abû mûsâ lui répondit que lui et les ktifites, à quelques exceptions près, étaient entièrement à sa disposition, mais de la part de mu`âwiyeh aucune réponse n'était parvenue bien que plusieurs semaines se fussent écoulées. en fait, mu`âwiyeh avait retenu le messager de `alî pour être témoin de l'état d'esprit de ses armées qui réclamaient à grands cris et impatiemment "vengeons le sang dé `othmân" et qui, étant soumises au gouverneur de syrie, n'attendaient qu'un mot de lui pour marcher contre tous ceux qu'elles croyaient être responsables de l'assassinat du précédent calife. après plusieurs semaines, mu`âwiyeh autorisa le messager à retourner à médine, en compagnie de son propre messager, porteur d'une lettre, sur l'enveloppe de laquelle il y avait la mention : "de mu`âwiyeh, dès son arrivée à médine, le messager de ce dernier accrocha la lettre en haut d'un bâton de sorte que tout le monde puisse la lire dans les rues. etant ainsi prévenus de la désaffection de mu`âwiyeh pour `alî, les gens s'assemblèrent en foule, soucieux de connaître le contenu du message. c'était juste trois mois après l'assassinat de `othmân que le message fut présenté à `alî, lequel en lut l'adresse et, enlevant le cachet, il découvrit que l'intérieur était tout blanc, ce qu'il considéra à juste titre comme un signe d'extrême confiance. etonné par l'effronterie dédaigneuse de mu`âwiyeh, il demanda au messager d'en expliquer l'énigme. le messager, ayant obtenu l'assurance qu'il aurait la vie sauve, répondit: "sache donc que j'ai laissé derrière moi en syrie soixante mille guerriers pleurant le meurtre de `othmân sous sa chemise tachée de sang, exposée à côté de la chaire de la grande mosquée de damas, tenant tous à se venger de toi pour l'assassinat du calife". (selon major price, la réponse du messager à `alî fut la suivante: "cinquante mille hommes sont rassemblés autour des vêtements de `othmân. leurs joues et leurs barbes n'ont jamais cessé d'être mouillées par leurs larmes, et leurs yeux n'ont jamais cessé de verser des larmes de sang depuis l'heure de ce meurtre atroce. ils ont dégainé leurs sabres en faisant le serment solennel de ne jamais les rengainer ni de ne cesser de se lamenter avant d'avoir exterminé tous ceux qui ont été impliqués dans cette détestable affaire. ils ont transmis ce sentiment à leurs descendants, comme un legs solennel, et le tout premier principe que les mères inculquent à leurs enfants est celui de venger jusqu'au bout le sang de `othmân". cet insolent exposé suscita la colère des compagnons du calife, à tel point que sans l'intervention de `alî, ils auraient commis des actes ayant des conséquences incalculables. i1 est difficile d'imaginer à quel point cette magnanimité de la part de `alî eut un effet magique sur le messager de mu`âwiyeh qui se déclara alors convaincu de son erreur et jura qu'il ne se séparerait plus jamais volontairement de `alî, ni ne reconnaîtrait l'autorité d'aucun autre souverain à son détriment").